Fomophobie (peur de rater quelque chose) et Usage problématique de smartphones

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Le confinement imposé par la pandémie du Covid-19 limite nos interactions sociales habituelles, et l’usage du téléphone portable, des réseaux sociaux est peut-être plus important que d’habitude. Les informations relayées à la radio, à la télévision, sur les réseaux sociaux engendrent et amplifient un climat angoissant, anxiogène, et s’ajoutent à d’autres facteurs de stress.

Au cours des dernières années, un hyperusage des écrans a pu être observé, sans vouloir pour autant diaboliser ces derniers. Si je vous parle de « nomophobie », « d’athazagoraphobie » et de « fomophobie », savez-vous bien de quoi il s’agit ?

La nomophobie, c’est la contraction de l’expression « no mobile phone » et « phobia », c’est la peur ou l’inquiétude de se retrouver sans son téléphone mobile.

L’athazagoraphobie, c’est la peur écrasante d’être oublié ou ignoré dans la vraie vie ou sur les réseaux sociaux, par exemple.

La fomophobie, c’est la contraction de l’expression « fear of missing out » et « phobia », c’est la peur de passer à côté d’un évènement, d’une activité, l’anxiété sociale caractérisée par la peur constante de manquer une information, une expérience sociale gratifiante, enrichissante qu’ont les autres.

 

En 2013, Przybylski et al., ont validé une échelle FoMO (Peur de rater quelque chose) en 10 items (réponse sur une échelle de Likert en 5 points, allant de « en total désaccord » à « tout-à-fait d’accord »).

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© Ryan McGuire
  1.  J’ai peur que les autres aient plus d’expériences gratifiantes que moi
  2. J’ai peur que mes amis aient plus d’expériences gratifiantes que moi
  3. Je m’inquiète quand je vois que mes amis s »amusent sans moi
  4. Je suis anxieux quand je ne sais pas ce que font mes amis
  5. C’est important pour moi de comprendre les plaisanteries de mes amis
  6. Parfois, je me demande si je ne passe pas trop de temps à me tenir au courant de ce qui se passe
  7. Cela me dérange quand je rate une occasion de retrouver mes amis
  8. Quand je passe un bon moment, il est important pour moi de le partager en ligne (mise à jour de mon statut sur Facebook, par exemple)
  9. Quand je rate un rendez-vous planifié avec les autres, cela me dérange
  10. Quand je pars en vacances, je continue à garder un œil sur ce que font mes amis. Cette peur, cette anxiété sociale constitue l’une des composantes de l’hyperusage des smartphones, une addiction comportementale.

Parmi les addictions comportementales, il y a l’usage problématique de smartphones (PSU) : les smartphones font partie de notre vie, c’est la réalité. Ils représentent notre eDoudou (dixit Laurent Karila) dont on ne saurait pas se passer, permettent de communiquer avec nos proches, nos amis, de surfer sur internet, d’accéder aux réseaux sociaux, de jouer seul ou en réseau. Un hyperusage peut être constaté, avec des conséquences négatives. Cet usage problématique de smartphones se caractérise par :

  • Une perte de contrôle,
  • Des conséquences négatives sur le bien-être, avec un retentissement sur la santé mentale (anxiété, dépression, baisse de l’estime de soi) et sur la santé physique (troubles du sommeil, baisse de l’activité physique).

Dans une étude publiée dans Addictive Behavior, Gianluca Lo Coco et al. ont étudié le lien entre l’anxiété sociale (FoMO) et l’usage problématique de smartphones (PSU) chez des collégiens et lycéens de 5 établissements en Italie (109 garçons et 133 filles, âgé.e.s de 14 ans en moyenne), à 2 reprises (espacées de 1 an). Ils ont aussi pris en compte les difficultés à réguler ses émotions (capacité à identifier, comprendre, et accepter ses expériences émotionnelles, le contrôle des comportements impulsifs quand on est stressé, et la flexibilité qui module les réponses émotionnelles dans des situations changeantes).

En utilisant un modèle autorégressif sur séries temporelles, ils ont observé que les liens entre l’anxiété sociale (FoMO) et l’usage problématique de smartphone (PSU) étaient stables dans le temps.

Cela signifie qu’il n’y a pas de lien causal entre l’anxiété sociale (FoMO) et l’usage problématique de smartphones (PSU), et vice-versa.

Par contre, la pré-existence de signes d’anxiété peut conduire à cette anxiété sociale (FoMO) caractérisée par la peur constante de manquer une information, une expérience sociale gratifiante, enrichissante qu’ont les autres.

 

Przybylski, A. K., Murayama, K., DeHaan, C. R., & Gladwell, V. (2013). Motivational, emotional, and behavioral correlates of fear of missing out. Computers in Human Behavior, 29, 1814-1848.

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